Alors que pour certains le dernier week-end d’octobre rime avec Halloween, beaucoup de fan n’attendaient qu’une seule chose ; la seconde saison du show de Netflix Stranger Things. Il n’est jamais facile de répondre aux attentes avec des phénomènes pareils. De fait, est-ce que la saison deux de Stanger Things vaut la peine d’être vue ?

Attention: cette critique contient des spoilers pour la première saison, alors deux choses si vous ne l’avez pas encore vue. Premièrement pourquoi ? Et deuxièmement, fermez cette fenêtre et offrez-vous du temps libre pour le faire, vous ne le regretterez pas.

Cette seconde saison nous ramène à Hawkins dans l’Indiana un an après les évènements de la première saison. Tout le monde essaie de reprendre une vie normale, mais cela n’est pas si facile. Will continue à avoir des visions de « l’upside down » qui sont comprises comme des effets post-traumatiques de sa disparition. Le « AV club » doit alors l’aider à surmonter ses épisodes de démence avec l’aide de la mère de Will (Winona Ryder) et le sheriff Hopper (David Harbour).

On ne va pas se mentir très longtemps, et ceci malgré un effort énorme d’objectivité, cette saison arrive parfaitement à faire ce que beaucoup de séries télévisuelles ont de la peine : être une suite à la hauteur. En effet, on arrive très vite à se rattacher aux personnages, aux lieux et aux évènements qui s’y trament. Elle va même encore plus loin dans le développement de son histoire. Les Duffer Brothers ne se sont pas assis sur leur succès. Ils essaient réellement d’amener quelque chose de neuf à leur série. Ce qui n’est de loin pas déplaisant. Chaque personnage est élevé à un niveau supérieur et on aime les découvrir un peu plus à chaque instant.

Et en parlant des personnages, Stranger Things est tenu de bout en bout par son casting. Un casting qui sur le papier n’est pas forcément le plus florissant. Effectivement, peu de séries osent avoir pour personnages principaux un groupe de jeunes adolescents. Pourtant, et ceci s’était déjà largement prouvé dans la première saison, ces acteurs novices dégagent quelque chose que beaucoup d’acteurs plus âgés ont des fois de la peine. De plus, il n’y en a pas un qui soit plus mauvais que les autres. Tous sont importants et font avancer l’histoire à leur manière. Malgré tout on ne peut pas passer à côté du jeu quasi irréprochable de Finn Wolfhard (Mike) et Millie Bobby Brown (Eleven). Ils sont réellement aux commandes de Stranger Things. Quand on pense qu’à eux deux il n’atteignent pas 30 ans ceci annonce de grandes choses pour leur carrière.

Mais le fort de la série réside dans son aspect rétro (retour vers le futur passé). A l’instar d’autres séries ou de films (pensons à Riverdale ou encore le tout recent It, en passant par le revival de Twin Peaks ou encore, et ceci dans un genre cinématographique bien trop utilisé, les deux Guardians of the Galaxy) Stranger Things surf sur cette nouvelle mode de Hollywood à faire du neuf avec du vieux. Mais où les Duffer Brothers pourraient tomber dans le kitch, ils arrivent à y donner une raison très forte. Chaque petit rappel sur la culture populaire des années 1980 fonctionne. Que cela soit par ses éléments au sein de l’histoire (Donjons et Dragons, ou encore Ghost Buster) ou par sa bande originale dépoussiérant des classiques de la pop 80’s qui n’est pas si déplaisant, la série arrive à donner un sens à ces « easter eggs » jonchant les quatre coins de l’histoire. Ceci va même dans le casting lui-même. Alors que ce groupe de jeunes aventuriers pourraient rappeler les Goonies, la série pousse le vice jusqu’à caster Sean Austin ; un acteur qui s’est fait connaitre dans ce film des années 1980 et surtout dans les Goonies. Mais le « AV Club » peut également rappeler le « Loser’s Club » du It de 1991 basé sur le roman de Stephen King. Il y a de fait quelque de très King dans ce Stranger Things souvent catégorisé comme « série d’horreur ». Un clin d’œil qui s’est par ailleurs inversé avec le casting de Finn Wolfhard dans la dernière adaptation du clown Pennywise au cinéma cet été.

Au final, cette seconde saison de Stranger Things vaut le coup d’être « binge watcher » afin de retourner voir ce qui se déroule à Hawkins et où se trouvent ses personnages. De plus, et ceci dans un souci postmoderne qui pourrait en faire vomir plus d’un, l’intertextualité de cette saison, qui se place en totale adéquation de celle qui la précède, donne quelque chose de retro qui, pour les fans des années 1980 (dont je fais partie), est un réel plus. Ceci permet de s’attacher à ses personnages car ils nous ressemblent. Que cela soit le « AV club » et sa passion pour la culture populaire de cette période (D&D, Star Wars, Ghost Buster ou encore les jeux d’arcades) ou encore les personnages plus âgés avec des soucis de l’adolescence ou encore de la vie adulte. Chacun y trouve son compte (même les super fans du hard rock à cheveux longs). Pour finir, et ceci est sans doute un des éléments les plus importants de son succès, Stranger Things est une série d’horreur qui ne se contente pas d’être une simple suite de « jump scare ». De fait, que l’on soit fan du genre horreur, ou non, cette série peut plaire à tous.