Aguirre, la colère de Dieu de Werner Herzog (1972)

Lundi 15 avril 2019, 19h salle SV1717 (EPFL)

Au XVIe siècle, des conquistadors espagnols partent à la recherche de l’Eldorado dans la forêt amazonienne. Un détachement formé du commandant Pedro de Ursua (Ruy Guerra), de son second Lope de Aguirre (Klaus Kinski) et d’une petite société est envoyé en expédition sur des radeaux. La mutinerie organisée par Aguirre fait prendre un tournant différent à l’aventure qui voit l’ordre hiérarchique entre ses membres renversé.

Ce long métrage de Werner Herzog, qui a contribué à sa réputation, met en scène les absurdités de personnages grotesques face à une nature indomptable. La difficulté du tournage et les moyens rudimentaires à disposition ajoutent un caractère authentique à cette course à travers la jungle étouffante.

L’année des treize lunes de Rainer W. Fassbinder (1978)

Lundi 13 mai 2019, 19h salle SV 1717 (EPFL)

Elvira, transsexuelle, est rejetée de tous, sauf par Zora-la-rouge, une prostituée. Elvira déambule désespérément dans les rues de Francfort, sur les traces de son passé et d’une vie douloureuse. Elle revient sur son enfance au couvent, son travail aux abattoirs, son mariage avec la fille d’un boucher, et son amour pour Anton, pour qui elle a voulu devenir Elvira, quand elle s’appelait encore Erwin…

Fassbinder a dédié ce film, tourné en seulement 25 jours, à son amant Armin Meier, qui s’est donné la mort à l’été du 1978. Méditation poétique sur la licéité du suicide, c’est un de ses films les plus désespérés, personnels et aigres contre la société, dont il souligne le caractère à la fois tragique et grotesque. Le titre se réfère à la croyance que dans les années lunaires avec 13 lunes (comme par exemple le 1978) les personnes très sensibles sont sujettes à des dépressions profondes.

Les années de plomb de Margarethe von Trotta (1981)

Lundi 27 mai 2019, 19h au foyer de la Grange de Dorigny (UNIL)

Dans l’Allemagne d’après-guerre, deux sœurs aux caractères opposés militent pour les droits des femmes. Juliane, autrefois farouche et rebelle, assouvit son besoin de compréhension face à l’Histoire en exerçant son métier de journaliste, tandis que Marianne, anciennement timide et réservée, se radicalise et intègre des cercles terroristes. Incarcérée pour les attentats qu’elle commet, Marianne est coupée du monde, et c’est grâce aux visites de sa sœur que les deux femmes renouent le dialogue.

Les années de plomb, qui offrit la reconnaissance à sa réalisatrice Margarethe von Trotta, s’inscrit parfaitement dans le mouvement du Nouveau cinéma allemand en conjuguant habilement questionnement socio-historique et évocation de l’intime.