Comment la femme doit-elle être représentée au cinéma ? À l’heure où l’on repense et l’on critique la position accordée jusqu’à présent aux femmes à la fois à l’écran et en dehors, où l’on débat si Jackie Brown est un fétiche ou une “femme forte”, existe-t-il une protagoniste idéale ?

À travers quatre films de quatre réalisatrices d’origines différentes, Tu mérites un amour (Hafsia Herzi, 2019), Mustang (Deniz Gamze Ergüven, 2015), Bande de filles (Céline Sciamma, 2014) et Come as You Are (Desiree Akhavan, 2018), le cycle “La femme par la femme” vise non pas à présenter un idéal, mais à souligner une pluralité. Il ne s’agit pas de présenter une femme “badass”, mais tout simplement l’existence de plusieurs en dehors du fameux intérêt amoureux unidimensionnel. Par ailleurs, ces films mettent en avant un regard féminin se distinguant par des choix de cadrage, ainsi que des choix scénaristiques.

Finalement, le but de ce cycle est de susciter des questions et des comparaisons, de montrer des personnages d’origines sociales et de sexualités différentes, et de finalement présenter quatre films non seulement importants à cause des sujets qu’ils adressent, mais aussi acclamés par la critique pour la maitrise technique et artistique de leur réalisatrice.

Tu mérites un amour
Réalisé par Hafsia Herzi.

Avec Hafsia Herzi, Djanis Bouzyani, Jérémie Laheurte.
France, 2019, 102 min., v.o. fr.

Mercredi 30 octobre | 20h
Cinéma CityClub de Pully
Tarif exceptionnel de 5 CHF pour les étudiant.e.s de l’UNIL et l’EPFL !

Suite à l’infidélité de Rémi, Lila qui l’aimait plus que tout vit difficilement la rupture. Un jour, il lui annonce qu’il part seul en Bolivie pour se retrouver face à lui-même et essayer de comprendre ses erreurs. Là-bas, il lui laisse entendre que leur histoire n’est pas finie. Entre discussions, réconforts et encouragement à la folie amoureuse, Lila s’égare…

L’actrice Hafsia Herzi, César du meilleur espoir féminin en 2008 pour “La Graine et le Mulet” d’Abdellatif Kechiche, passe pour la première fois derrière la caméra : un film ultra-indépendant, tourné en 15 jours, avec quelques milliers d’euros. « En douce, Hafsia Herzi a réalisé son premier long-métrage. Une balade impressionniste dans Paris. L’histoire d’un chagrin d’amour et d’une tentative de désintoxication, à laquelle elle donne elle-même corps. Un voyage simple, libre et lumineux » (Bande à Part).

Mustang
Réalisé par Deniz Gamze Ergüven.

Avec Güneş Şensoy, Doğa Doğuşlu, Elit İşcan.
Turquie, 2015, 97 min., v.o. s-t fr.

Lundi 11 novembre | 19h
Foyer de la Grange de Dorigny
Entrée libre

Dans un village reculé de Turquie, un groupe de sœurs se voit enfermé dans la maison familiale après avoir été surpris en compagnie de garçons à la plage. Commence alors une véritable lutte menée par les jeunes filles qui chacune à leur manière tentent de se libérer du poids des traditions.

Signé par la réalisatrice franco-turque Deniz Gamze Ergüven, ce film nous livre l’image d’une jeunesse fougueuse, qui vouée au confinement et la soumission, peut encore rêver de s’affranchir.

Bande de filles
Réalisé par Céline Sciamma

Avec Karidja Touré, Assa Sylla, Lindsay Karamoh.
France, 2014, 112 min., v.o. fr.

Mardi 19 novembre | 19h
Salle SV 1717 (EPFL)
Entrée libre

Dans une banlieue française, Marieme se lie d’amitié avec trois autres adolescentes de son quartier. Ensemble, elles affrontent au quotidien l’univers dur, souvent hostile et opprimant qui les entoure. Alors qu’elle entre doucement dans l’âge adulte, Marieme cherche sa voie et souhaite à tout prix éviter un avenir qui semble tout tracé. Elle explore alors les possibles qui s’offrent à elle dans une tentative immodérée de prendre le contrôle de sa vie.

Céline Sciamma pose un regard franc, amical et frais sur la vie de banlieue, et livre une perception de la banlieue au travers d’un personnage féminin adolescent. Les jeunes actrices choisies pour interpréter la bande de filles, toutes non-professionnelles lors du tournage, offrent au film un vent de fraîcheur, de simplicité et traduisent l’irrésistible spontanéité que la réalisatrice parvient parfaitement à capter au travers de sa caméra.

Come as You Are
Titre original : The Miseducation of Cameron Post

Réalisé par Desiree Akhavan
Avec Chloë Grace Moretz, Sasha Lane, Forrest Goodluck.
États-Unis, 2018, 90 min., v.o. s-t fr.

Lundi 16 décembre | 19h
Zelig (Géopolis, UNIL)
Entrée libre

1993. Après avoir été découverte en train d’embrasser l’une de ses camarades de classe, Cameron Post est envoyée à God’s Promise, un camp de conversion pour “guérir” les jeunes ayant des penchants homosexuels. Un pasteur se disant soigné de son attirance pour les hommes, des adolescents peu convaincus par le propos du camp et des méthodes en aucune manière attestées par la science : c’est dans cette ambiance suspicieuse que Cameron se fera son premier vrai groupe d’ami.e.s et devra apprendre à accepter son passé.

“Come as You Are” (The Miseducation of Cameron Post) se distingue d’autres films traitant des camps de conversion pour personnes homosexuelles notamment par son utilisation de l’humour, qui souligne l’absurdité de tels endroits sans jamais pour autant minimiser la réalité, souvent tragique, des jeunes. Ce deuxième long-métrage vaudra à sa réalisatrice Desiree Akhavan plusieurs récompenses notamment le grand prix du jury au festival Sundance en 2018.