Pour ce semestre de printemps 2020, les Ciné-clubs UNIL-EPFL vous présentent « Huis clos », un cycle de projections consacré aux récits en vase clos, aux personnages isolés du monde extérieur et aux espaces restreints. Nous vous proposons une série de films qui se déclinent en des thématiques et genres variés tels que le film de procès, le thriller, le drame, la comédie ou même le documentaire. L’espace restreint, dénominateur commun des films de ce cycle, influence les relations entre personnages. Il peut être source de tensions, de passions, de révélations ou d’introspection. L’espace de ces films aura pour forme : un appartement à Téhéran, Rome ou Antibes, une vieille demeure américaine, une salle d’audience israélienne ou même un palais des sports et son hôtel-casino à Atlantic City.

Ce semestre venez découvrir ou redécouvrir :

02.03 | Ceci n’est pas un film de Jafar Panahi & Mojtaba Mirtahmasb (2011)
10.03 | Snake Eyes de Brian de Palma (1998)
20.03 | Le procès de Vivian Amsalem de Ronit & Shlomi Elkabetz (2014)
30.03 | Une Journée particulière d’Ettore Scola (1977)
06.04 | La Noire de… d’Ousmane Sembene (1966)
20.04 | Arsenic et vieilles dentelles de Frank Capra (1944)

Ceci n’est pas un film
(In film nist)

Réalisé par Jafar Panahi & Mojtaba Mirtahmasb
Iran · 2011 · 75’ · v.o. s-t fr.

Lundi 02 mars | 19h
Anthropole 2064 (UNIL)
Entrée libre

Empêché d’exercer son métier de réalisateur par la justice iranienne, Jafar Panahi fait appel à son ami cinéaste Mojtaba Mirtahmasb afin de filmer sa réclusion dans son modeste appartement de Téhéran. Il va alors se saisir de cet espace clos pour décrire et rêver son prochain film dont la censure a interdit le tournage.

Ceci n’est pas un film se sert du dispositif imposé du huis clos pour livrer une réflexion personnelle sur l’isolement où résonnent avec fracas les affres d’une société qui bafoue la liberté d’expression de ses artistes.

Snake Eyes
Réalisé par Brian de Palma
Avec Nicolas Cage, Gary Sinise, Carla Gugino
États-Unis · 1998 · 98’ · v.o. s-t fr.

Mardi 10 mars | 19h
Salle SV 1717 (EPFL)
Entrée libre

Au Palais des sports d’Atlantic City, la foule des grands soirs assiste au match de boxe du siècle. Mais des coups de feu éclatent à proximité du ring et le secrétaire d’État à la Défense s’effondre. Rick Santoro, policier corrompu présent dans la salle, mène l’enquête et tente de sauver la réputation de son ami Kevin Dunne, chargé de la sécurité du secrétaire d’État.

Brian de Palma signe l’un de ses films les plus virtuoses en manipulant le regard de ses personnages ainsi que celui du spectateur. Le cinéaste introduit enjeux et personnages dans un long plan-séquence d’anthologie, sur lequel il ne cessera de revenir, nous révélant ainsi que tout était sous nos yeux depuis le début.

Le Procès de Viviane Amsalem
(Gett)
Réalisé par Ronit & Shlomi Elkabetz
Avec Ronit Elkabetz, Simon Abkarian, Menashe Noy
Israël, France · 2014 · 115’ · v.o. s-t fr.

Lundi 23 mars | 19h
Foyer de la Grange de Dorigny
ANNULÉ

Viviane Amsalem demande le divorce depuis trois ans, mais son mari, Elisha, le lui refuse. Or en Israël, seuls les Rabbins peuvent prononcer un mariage et sa dissolution, qui n’est elle-même possible qu’avec le plein consentement de l’époux. Viviane lutte et persiste pour gagner son indépendance.   

Le procès de Viviane Amsalem clôt la trilogie entamée avec Prendre femme (2004) et Les sept jours (2007) réalisés par Ronit Elkabetz, également premier rôle, et son frère Shlomi Elkabetz. Ce drame satirique dénonce l’absurdité d’un système conservateur où la parole des femmes compte moins que celle des hommes. La mise en scène épurée propose un affrontement de points de vue violents face à une institution dépassée et repose sur la prestation des comédiens qui s’affrontent dans une guerre de regards marquée par le passage du temps.

Une journée particulière
(Una giornata particolare)
Réalisé par Ettore Scola
Avec Sophia Loren, Marcello Mastroianni
Italie · 1977 · 106’ · v.o. s-t fr

Lundi 30 mars | 19h
Salle SV 1717 (EPFL)
ANNULÉ

8 mai 1938. Tout Rome descend dans la rue pour assister au défilé de Mussolini et d’Hitler. Restés dans leur immeuble vide, une femme au foyer peu épanouie par sa vie de famille, et son voisin animateur de radio viré pour “dépravation”, se rencontrent, s’attachent et s’enamourent. Le temps d’une journée.

Avec cette romance éphémère, improbable et impossible, sublimée par le duo mythique Marcello Mastroianni-Sophia Loren, Ettore Scola dénonce la pression sociale et morale exercée par l’Italie de Mussolini. Un chef-d’œuvre antifasciste.

La Noire de…
Réalisé par Ousmane Sembene
Avec Mbissine Thérèse Diop, Anne-Marie Jelinek, Robert Fontaine
Sénégal, France · 1966 · 65’ · v.o. fr.

Lundi 06 avril | 19h
Foyer de la Grange de Dorigny
ANNULÉ

Une jeune bonne sénégalaise suit ses patrons français retournant dans leur pays, à Antibes. Le fantasme d’un monde nouveau à découvrir fait cependant place aux désillusions d’un quotidien pénible et humiliant. Prisonnière de son environnement, Diouana ne peut communiquer sa détresse.   

La noire de… est le premier long métrage de l’écrivain sénégalais Ousmane Sembene et l’une des premières œuvres majeures du cinéma d’Afrique sub-saharienne. Adaptation d’une nouvelle éponyme de Sembene, le film dénonce le racisme paternaliste de la société occidentale et ses pratiques néo-colonialistes, en mettant en scène la détresse et l’étouffement d’une femme déracinée, dans une société française hors champ.

Arsenic et vieilles dentelles
(Arsenic and Old Lace)
Réalisé par Frank Capra
Avec Cary Grant, Priscilla Lane, Raymond Massey
États-Unis · 1944 · 118’ · v.o. s-t fr.

Lundi 20 avril | 19h
Salle SV 1717 (EPFL)
ANNULÉ

Mortimer Brewster, critique de théâtre renommé retourne chez ses deux tantes, Abby et Martha, afin de leur annoncer son tout récent mariage avec la fille du pasteur d’en face. Cette visite prend une tournure insoupçonnée, lorsque Mortimer découvre le cadavre d’un vieil homme dans le coffre du salon. Ses deux tantes lui avouent alors, tout naturellement et simplement, se débarrasser des vieux Messieurs. 

Cette comédie vaudevillesque adaptée par Frank Capra est teintée d’humour noir et de cynisme. Elle ne faillit pas à la réputation de l’âge d’or des comédies loufoques hollywoodiennes, s’inscrivant dans la lignée de l’impossible Monsieur Bébé d’Howard Hawks. Capra nous offre un film rocambolesque et intemporel.