Le cinéma fantastique dépeint une réalité perturbée par l’apport du surnaturel et de l’irrationnel. Il tire ses origines cinématographique de l’expressionnisme allemand et plus particulièrement d’œuvre tel “Nosferatu le vampire” de Friedrich W. Murnau (1922) ou “Le Cabinet du docteur Caligari” de Robert Wiene (1920). Dans ce premier cycle de projections du semestre, nous nous concentrerons sur la décennie de son apogée – 1980 – et l’une de ses thématiques récurrentes : le corps.

À travers trois films cultes de ces années-là, nous explorons la façon dont la psyché des personnages évolue au contact du surnaturel, et comment le corps traduit cette transformation. Dans “Vidéodrome”, c’est la technologie corruptrice qui orchestre ce changement. Dans “L’Échelle de Jacob” c’est le trauma de la guerre qui influence le personnage. Et dans “The Thing”, c’est une force invincible et surnaturelle similaire au Michael Myers de “Halloween” qui agit sur les hommes.

Les projections des Ciné-clubs UNIL-EPFL sont gratuites, ouvertes à toutes et tous, et précédées d’un apéritif !

Videodrome

Réalisé par David Cronenberg.
Avec James Woods, Debbie Harry, Sonja Smits.
Canada, 1983, 89 min., v.o. s-t fr.

Lundi 30 septembre, 19h au Foyer de la Grange de Dorigny.

Max Renn est le directeur de CIVIC-TV, lugubre chaîne de télévision de Toronto, où se succèdent pornographie et violence exacerbée. Peu satisfait par sa programmation et désireux de renouveler son audience, Max se laisse tenter par la proposition d’un de ses employés: une série de mystérieuses vidéos ultra-violentes nommée “Videodrome”. Sans le savoir, Max s’est engagé sur une pente glissante, sombrant toujours plus dans les ténèbres jusqu’à perdre contact avec la réalité.

Malgré un échec commercial à sa sortie en 1983, “Videodrome” s’est depuis imposé comme l’un des films cultes du genre “body horror”. Deux ans après la sortie de “Scanners”, David Cronenberg entre définitivement dans la cour des maîtres du genre avec ce thriller dérangeant, à la croisée de la science-fiction et de l’horreur.

Cette projection sera précédée par une séance d’information pour les personnes intéressées à rejoindre l’association. Rendez-vous dès 18 heures.

The Thing

Réalisé par John Carpenter.
Avec Kurt Russell, Wilford Brimley, Keith David.
États-Unis, 1982, 109 min., v.o. s-t fr.

Lundi 7 octobre, 19h en salle SV 1717 (EPFL).

Antarctique, hiver 1982. Une base américaine isolée est attaquée par un hélicoptère norvégien cherchant à abattre un chien. L’engin neutralisé, les américains découvrent qu’il provient d’une base voisine récemment détruite. Placé dans le chenil, le chien se transforme en monstre abominable capable d’imiter la forme de n’importe quelle entité organique. Dès lors, le soupçon s’installe entre les hommes de l’équipe.

Premier film du réalisateur de “Halloween” (1978) et “New York 1997” (1981) financé par un grand studio, “The Thing” est une pierre angulaire du cinéma fantastique avec ses effets visuels sophistiqués réalisés sans outils numériques. Carpenter, aidé par un budget conséquent, filme la créature polymorphe conçue par Rob Bottin sous toutes ses coutures les plus affreuses, sortant alors l’horreur du hors-champ pour traumatiser toute une génération de spectateurs.

L’Échelle de Jacob

Titre original : Jacob’s Ladder
Réalisé par Adrian Lyne.
Avec Tim Robbins, Elizabeth Peña, Danny Aiello.
États-Unis, 1990, 113 min., v.o. s-t fr.

Lundi 14 octobre, 19h en salle SV 1717 (EPFL).

Jacob Singer, un employé des postes new-yorkaises, est assailli par de nombreux cauchemars durant ses journées. Il est victime de visions incessantes de son premier mariage, de la mort de son fils et de son service au Vietnam. Jours après jours, Jacob s’enfonce dans la folie en essayant de comprendre ce qui lui arrive avec l’aide de Jezebel, son épouse.

Adrian Lyne réalisateur de film plus ou moins mémorable des années 1980 (“Flashdance” en 1983 ou “Liaison fatale” en 1987) signe ici son chef-d’œuvre et l’un des longs-métrages les plus dérangeants de l’histoire du cinéma. L’univers visuel macabre, inspiré notamment par le peintre Francis Bacon et le photographe Joel-Peter Witkin, illustre un thriller paranoïaque mêlant drame familial et pamphlet politique à des éléments du cinéma horrifique le plus radical.